Ce samedi 13 juin 2009, dans le cadre du festival Agora-Ircam au 104 :
Alban Richard & Paul Clift, With my limbs in the dark.... Samedi 13 juin, Festival Agora-Ircam au 104 : On pourrait être décontenancé par ce qui apparaîtrait comme une gestuelle restreinte, faite de boucles et de cercles, dans l’alternance des rythmes de la marche de la seule danseuse au milieu des musiciens. Rien apparemment pour nous surprendre. Et puis, insidieusement, notre attention en devient presque flottante. Le corps de la danseuse, Laurie Giordano, à peine incliné vers l’intérieur de sa boucle induit la spirale, le jeu des bras singulièrement dirigés vers l’avant attire le regard, le fixe, l’emmène. Puis la musique s’étiole, insensiblement, devient un peu plus du son. Et les mains tendues au monde, à l’air, en offrande, captent cela et le volume de l’air, enregistrent leurs frottements réciproques, témoignent d’une vie étrangement é-bruitée. On aurait pu redouter un épuisement de la danse, mais la répétition des courbes, tout en volutes dynamiques, crée un rythme hypnotique. Si bien que notre regard n’en finit pas de suivre l’ondoiement du corps dansant. L’appareillage qu’exige With my limbs in the dark permet que la danse et la musique se rejoignent dans un processus de composition circulaire, nourri des échanges entre le compositeur et le chorégraphe. La figure récurrente, le motif de la boucle spiralée exécuté par la danseuse n’en est que plus signifiant : il signe la forme même de la collaboration autant que son processus. L’appareillage en devient parure sonore et objet d’un rituel hypnotique ; le mouvement forme enfin l’entrelacs délicat de la musique et de la danse. ....bientôt quelques lignes à propos du très beau Luisance, d’Alban Richard, Ensemble L’Abrupt....Alban Richard & Paul Clift, With my limbs in the dark.
EdPh.